Présentation

RERS : Réseaux d’Échanges Réciproques de Savoirs : Qu’est-ce que c’est ?

Le principe est simple.
L’échange de savoirs s’effectue sur le mode de la réciprocité ouverte : toute offre suppose une demande et toute demande est accompagnée d’une offre, à plus ou moins long terme.
On n’échange que des savoirs : tout rapport d’argent ou de service est exclu.

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Pour faire partie du réseau « La Ruche aux Savoirs »

Il suffit de formuler une offre et une demande de savoir, savoir-faire ou expérience de vie.
Pour cela, l’idéal est de venir nous rencontrer.

Tous les savoirs sont équivalents et les échanges sont gratuits (sauf parfois les achats de produits nécessaires, comme pour les échanges cuisine).
Offreurs et demandeurs sont mis en relation par un médiateur et négocient ensemble les modalités de l’échange (durée, lieu … ).

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Origine et principes des Réseaux d’Échanges Réciproques de Savoirs

Les RERS sont nés en milieu scolaire dans les années 60. La nécessité de redonner une valeur aux savoirs des populations défavorisées s’est imposée à Claire Héber-Suffrin, alors institutrice en banlieue parisienne, et Marc, son mari, lui-même avocat. Il s’agit pour eux de considérer les personnes par leurs richesses plutôt que par leurs lacunes, et donc à reconnaître le savoir de chacun a priori.
Des échanges se sont organisés alors à l’intérieur de l’école de Claire entre élèves, et à l’extérieur avec les parents et d’autres personnes proches de l’école. On constate qu’à l’occasion de ces échanges une valorisation des personnes a lieu par une mise en confiance et une reconnaissance de capacités jusque là insoupçonnées.

Après une mise en sommeil de quelques années, l’expérience reprend à Évry dans les années 90 avec la participation d’élus et d’associatifs, en réponse à l’isolement croissant et à la dévalorisation d’un nombre important de citoyens.
Avec plus de 700 réseaux en France et à l’étranger, cette démarche de formation de tous par tous se poursuit en fondant son action sur la revalorisation de la personne humaine, la réciprocité du don, la gratuité de ce dernier et, au delà, la reconstitution du lien social, dont l’essentiel se trouve consigné dans la Charte des réseaux.
Le Savoir est un bien commun à la disposition de tous, partagé par tous, mais aussi sous la responsabilité de chacun. Il a donc un statut similaire à celui des éléments recensés par les écologistes ces dernières années : l’eau, l’air, la forêt, la terre.

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Les grands principes de la démarche sont :

La réciprocité qui permet à chacun d’être enseignant et enseigné, de recevoir de l’un pour transmettre à un troisième qui lui-même apprendra d’un quatrième, ce qui fonde une réciprocité ouverte et généralisée. On expérimente aussi la réciprocité en occupant des rôles divers dans son réseaux : secrétariat, tenue du planning des échanges, etc.
La parité favorise la valorisation de la personne en la reconnaissant comme pair (chacun possède un savoir qui peut intéresser une autre personne, et peut apprendre ou réapprendre à tout moment de sa vie).

La convivialité et la citoyenneté sont encouragées par la prise de conscience de son pouvoir à agir dans la société, dans la construction de projets collectifs en cohérence avec les désirs et les besoins de tous sans exclusion, dans sa responsabilité envers les autres, en termes de solidarité, de mutualité, d’échange.
Le savoir sur le savoir : en gardant la mémoire des échanges et de toutes les expériences vécues, par des temps d’échanges sur les échanges, des réunions inter-réseaux régionaux, des ateliers d’écritures, des fêtes et écrits sur ces moments et, au niveau national, des colloques, des universités d’été, on permet aux membres des réseaux de prendre conscience de leurs savoirs et de leur valeur humaine.

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Pour aller plus loin …

Liens vers des articles sur les réseaux :

Quelques ouvrages sur les réseaux :

  • 1981, L’école éclatée, Paris, Stock
  • 1988, Appels aux intelligences, Matrice
  • 1993, Le cercle des savoirs reconnus, Paris, Desclée de Brouwer
  • 1998, Les savoirs, la réciprocité et le citoyen, Paris, Desclée de Brouwer
  • 2001, Partager les savoirs, construire le lien, Lyon, Chronique sociale
  • 2001, Échangeons nos savoirs, Paris, La découverte et Syros
  • 2004, Échanger des savoirs à l’école ; Abécédaire pour la réflexion et l’action, Lyon, Chronique sociale. Préface de Philippe Meirieu

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Publié le mardi 21 octobre 2008 par Sylvain